Pour une sortie de crise et une société juste: Modestie et hausse ponctuelle d’impôt en 2013…ou économies à identifier

Note: Texte modifié le 28 mai 2012 suite aux judicieuses suggestioons de Dr. Michel Petit

 

Pour une sortie de crise et une société juste :

Modestie et hausse ponctuelle d’impôt en 2013…ou économies à identifier

 

L’auteur est professeur à la
Faculté de médecine de l’Université de Montréal et pratique à l’Institut de
santé mentale Louis-H. Lafontaine de l’UdeM. www.ecologiehumaine.org

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Tout d’abord, vous pouvez lire l’excellent texte de Denise Bombardier dans Le Devoir des26 et 27 mai 2012

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/350983/la-victoire-de-la-rue?utm_source=infolettre-2012-05-26&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne#partager

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In medio stat virtus
Les «offres» gouvernementales sont déjà généreuses. Une majorité des
étudiants ont déjà accepté ces offres. L’attitude de cette majorité étudiante
montre bien le bon équilibre des dites propositions.

Par ailleurs, les quelques 15 à 20% d’irréductibles (soit un peu plus de
la moitié des 33% d’étudiants encore en négociation) font preuve de résilience
et ils ont des appuis qui tintamarrent…

Quelle attitude prendre et que négocier?

Tout d’abord, faire preuve d’une ««modestie»
à la Camus: «la démocratie, c’est
l’exercice de la modestie. Le démocrate est modeste, il avoue une certaine part
d’ignorance, il reconnaît le caractère en partie aventureux de son effort et que
tout ne lui est pas donné et… reconnaît qu’il a besoin de consulter les autres
pour compléter ce qu’il sait
».

 

Autant le gouvernement que les représentants étudiants doivent faire
preuve d’une telle modestie et convenir de réels «compromis». Et ce sans compromission sur la nécessaire hausse du
financement des universités ni sur la nécessaire rigueur vis-à-vis la gestion
des collèges et des universités.

 

Voici par exemple deux compromis à considérer au sujet des droits de
scolarité. Deux compromis à faire au nom de la paix sociale et au nom des
étudiants qui sont encore otages du présent conflit.

Premier compromis: annuler les hausses des droits de scolarité prévues de 2017
à 2019. Au printemps 2017 le moment sera venu d’ajuster les droits 2017 à 2019
en tenant compte de l’évolution de l’accessibilité après d’éventuelles hausses
de 2012 à 2017.

 

Ce compromis serait fait dans un contexte où le financement 2013-2017
(ou même 2013-2019) des universités sera de toute façon un enjeu de la
prochaine campagne électorale.

 

Hausse ponctuelle d’impôt en 2013 ou fermer la centrale nucléaire de Gentilly

Second compromis: diminuer – ponctuellement – de moitié la hausse des droits
prévue en 2012-2013, soit appliquer une hausse de 88.50 $ plutôt que de 177 $
en tenant compte du crédit d’impôt.

 

Les bonifications des prêts bourses offertes par le gouvernement devraient
alors être ajustées en conséquence, à la baisse, pour 2012-2013. Les bonifications
des prêts bourses prévues pour 2013-2017 demeureraient inchangées.

 

Le manque à gagner ponctuel pour le
trésor public en 2012-2013 devrait être compensé par une mesure clairement
identifiable pour le contribuable. Aussi, il est proposé ici une hausse
ponctuelle, i.e. provisoire, de
l’impôt sur les revenus des particuliers gagnés durant l’année 2013…ou encore identifier des économies équivalentes comme fermer la centrale nucléaire de Gentilly tel que suggéré par Dr. Michel Petit dans ces commentaires au présent écrit. Bref identifier des gaspillages à économiser pour compenser une hausse moins importante des droits de scolarité.

Bref assumer concrètement et clairement
- comme société distincte – les conséquences de ces compromis. Tout en
préservant l’accessibilité, la qualité et le financement des universités.

Ces deux compromis nous apparaissent
souhaitables pour préserver le délicat équilibre du bien commun au Québec.

Bien modestement et en tout respect,
ces compromis nous apparaissent plus équitables pour tous, pour chacun et
chacune que, par exemple, la proposition faite par Madame la chef de
l’opposition dimanche le 27 mai à l’émission Les Coulisses du pouvoir de la Société Radio-Canada.

Celle-ci y a alors proposé l’annulation
des hausses prévues des droits de scolarité à compter de l’automne 2012 et leur
remplacement par des indexations annuelles au coût de la vie.

Pour compenser le manque à gagner du
trésor public, elle propose, si son parti formait le gouvernement, une hausse
«récurrente» de l’impôt des particuliers à compter de 2013-2014. À noter que
chacune de ces hausses annuelles seraient près de 50% plus élevées que celle –
ponctuelle –proposée par nous plus haut.

La proposition de l’opposition nous
semble faire assumer plus que leur juste part aux actuels et futurs
contribuables notamment ceux sans formation universitaire.

FIN
28 mai 2012

Commentaires

  1. Michel Petit dit :

    Un incubateur d’idées et de solutions réalistes.

  2. Michel Petit dit :

    Les universités Stanford ,Harvard et MIT sont très confiantes que l’enseignement en ligne a un bel avenir. Enfin une solution prometteuse:économique,démocratique et écologique.

  3. Michel Petit dit :

    J’aimerais continuer cette liste d’économies ou de non gaspillage. Commençons par les risques pour la santé publique; le wifi dans les salles de cours et les compteurs dits intelligents. Pas si inoffensifs que çà malgré ce qu’en disent leurs promoteurs.

  4. Michel Petit dit :

    Gentilly=$3 milliards gaspillés.

    http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/gentilly-2/201204/20/01-4517217-pas-moins-de-3-milliards-pour-gentilly-2.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4516805_article_POS2

    Le Japon s’en tire depuis la fermeture de toutes leurs centrales nucléaires et l’Allemagne fait tout aussi bien.

    ————————————————————————————————————————————-

    Aussi: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/345754/refection-de-la-centrale-gentilly-2-275-millions-bien-embetants-pour-le-ministre-gignac

    H

  5. Michel Petit dit :

    Toutes les taxes dites temporaires finissent par devenir permanentes. Il y a du gaspillage et des aberrations que nous considérons normales mais qui seraient évidentes si nous devions fonctionner avec un budget moindre.

  6. Michel Petit dit :

    Identifions le gaspillage au lieu d’augmenter les taxes. Si vous voulez des exemples,Gentilly et les compteurs dit intelligents =2-3 milliards gaspillés.

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